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                                   Duel et assaut d'armes


En annexe  de la pièce de théâtre, intitulée Le Divin Saint-Georges (pages 75 et 76), nous avons expliqué  la différence entre ces deux termes qui ne sont pas interchangeables. L’utilisation d’un mot pour l’autre constitue une impropriété qui a été commise  par de nombreux auteurs non escrimeurs.  

L'opposition entre deux escrimeurs qui disputent âprement un assaut de fleuret, d’épée ou de sabre,  un match d’escrime dirait-on de nos jours, chacun voulant affirmer sa supériorité,  est certes par essence un duel.

Toutefois, l’escrime sportive est fort éloignée des pratiques duellistes d’autrefois dans la mesure où les escrimeurs sportifs du XXIe siècle portent des vêtements de protection, un masque, des chaussures de sport, et peuvent prendre tous les risques en toute quiétude. Ils peuvent largement axer leur jeu sur la vitesse d’exécution et l’engagement physique.

Les matches des finales des grandes compétitions se disputent actuellement en quinze touches. Il est donc possible d’avoir été touché 14 fois et de gagner le match si l’on a soi-même touché son adversaire un nombre égal de fois et placé la quinzième touche. On peut ainsi remporter un assaut sur le score de 15 à 14.

En revanche, l’escrime de duel impliquait de « toucher sans l’être » ou de « donner sans recevoir ». Au XVIe siècle les duellistes croisent le fer avec une rapière, arme de taille et d’estoc, souvent associée à une dague, appelée aussi main gauche dans le cas d’un escrimeur droitier. Au siècle suivant, on utilise le plus souvent  la rapière seule. De plus, le duel était régi par « le code de l’honneur », l’offensé ayant l’élection des armes. Un duel pouvait se terminer par la mort de l’un ou de l’autre duelliste ou par de graves mutilations.

Il arrivait aussi parfois que deux adversaires attaquent simultanément avec grande fureur et sans suffisante préparation, chacun comptant sur une vitesse d’exécution supérieure à celle de son vis-à-vis. Le résultat aboutissait parfois à un double embrochage mortel, appelé plaisamment « le coup des deux veuves », si toutefois les duellistes avaient convolé en justes noces auparavant ! Pour ce qui est des veuves, nous pourrions ajouter, pour dédramatiser la situation, qu’après la funeste altercation de leurs époux duellistes, elles devenaient, selon les cas, des veuves inconsolables ou des veuves joyeuses.

Saint-Georges ne s’est jamais battu en duel et pour cause, il eût fallu être suicidaire pour lui adresser un cartel. Certes, tout escrimeur, aussi véloce soit-il, est en danger lorsqu’il croise le fer, sa première erreur pouvant être la dernière. Toutefois, selon toutes probabilités, un Saint-Georges duelliste aurait été redoutable. Claude Ribbe, l’un des biographes du Chevalier, présume que Georges de Bologne a voulu faire de son fils un excellent escrimeur pour le prémunir contre de possibles provocations.

Saint-Georges a accepté ou refusé les défis que lui ont lancés ceux qui souhaitaient se mesurer à lui en disputant un assaut de fleuret. Il ne s’est pas battu en duel contre le Maître Alexandre Picard, Gian Faldoni, la chevalière d’Eon et contre bien d’autres escrimeurs de l’époque. Ce ne furent que des « assauts d’armes » courtois  à fleurets mouchetés.